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Bored to Death, le syndrôme de la page blanche.

On peut y passer des heures, jusqu'à s'en cramer les yeux, fixant la pointe de son stylo en priant pour qu'il s'agite tout seul. La page blanche se pose là, sous notre nez, et nous nargue. Là, selon un rituel immuable, c'est l'escalade : d'abord on se ronge les ongles frénétiquement, on s'arrache les cheveux en espérant que peut-être, une idée serait cachée en dessous. Au pied du mur devant ce bout de papier, dont l'insolence n'a d'égal que le drame qui s'insinue sous notre caboche, sournois. Et puis devant l'évidence, aka la vacuité de notre existence, on tente un repli stratégique : la bulle, le bocal, appelez ça comme vous voudrez.

Jonathan Ames, écrivain en panne sèche, a choisi le Chablis (ou peut-être est-ce le Chablis qui l'a choisi !) et les psychotropes. Pas question de s'arracher les cheveux, les siens sont trop bien brushés ! Alors, comme envieux de ses personnages de romans noirs, et puisqu'il faut bien manger, il décide de devenir détective privé. Ca ne le sauvera peut-être pas, ça ne fera probablement pas revenir sa fiancée, mais qu'importe !

Entouré de Ted Danson (Damages) et de Zack Galifianakis (Very Bad Trip), Jason Schwartzman renoue avec la déprime douceureuse et un esthétisme très léché, chers à Wes Anderson.
Les enquêtes ne sont ici qu'un prétexte pour explorer les névroses de l'écrivain qui, même balayées d'un revers de main par un thérapeute d'obédience Yungienne (Yung le psy hein, pas Neil !), persistent. Parce que ses névroses, il les chérit, les entretient, les arbore comme un étendard.

" I'm not good with anger. I go straight to depression ". Dit comme ça, ça a l'air sympa la dépression !

Bored to Death sur HBO - renouvelée pour une deuxième saison.
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Mes articles


Les derniers articles publiés dans le cadre de mon humble collaboration pour Télé7Jours :


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Sauvez ma série : quand les fans se mobilisent

Qui n'a jamais crié au scandale, à l'attentat télévisuel, ou hurlé à la lune en jurant qu'on ne l'y prendrait plus, en apprenant l'annulation de sa série favorite ? Les sériphages de tous bords me comprendront !

Le fait est, et ce n'est pas une grande nouveauté, que nos chères séries subissent, comme n'importe quel autre "consommable", l'impitoyable loi du marché. Au pays du sacro-saint dollars, quand un network dit stop, la sentence est irrévocable ... ou presque !

Souvent associé à la culture geek, on imagine le sériephage résigné devant son écran, le regard vitreux et le poil terne. C'est mal le connaître ! A l'ère du 2.0 (ou peut-être est-ce le 3.0, j'ai toujours été fâchée avec les dates !), c'est un guerillero de la VOD (Video On Demand), las de voir ses séries adorées tomber au champs d'honneur, éreintées par la course à l'audimat.

Sauf que, un tantinet à la traîne, les networks et leurs consoeurs câblées américaines ne comptabilisent pas encore les visionnages sur Internet de leurs programmes. Un oubli de taille puisque le public sériephile, âgé en moyenne de moins de 30 ans, préfère disposer de ses épisodes chéris quand il le désire, ce que permet la VOD, plutôt que le très plan-plan rendez-vous cathodique à heure fixe.

Donc, quand sonne le glas de sa série, il arrive que le fan se rebiffe et fasse montre d'ingéniosité pour que survivent ses héros ... avec plus ou moins de succès, mais il fallait tout de même souligner l'effort !

Parmi les exemples les plus significatifs de cette révolution en marche, la série Enterprise fait figure de chef de file du mouvement. Après quatre saisons, cet énième spin-off de Star Trek est menacée d'annulation en 2005. Vague d'indignation chez les afficionados du Klingon qui tentent le tout pour le tout : campagnes de pub, collectes de fonds, sites internet... Ils iront jusqu'à proposer le financement de la série par les fans ! Mais le putsch n'aura pas lieu : Paramount-1 Vulcains-0 !

Pour la vampirique Moonlight, condamnée en 2008 après une seule saison, la mobilisation a pris une tournure plus inattendue. Avec l'assentiment de la Croix Rouge, une collecte de sang à l'échelle nationale est organisée. Une b.a. saluée par l'acteur aux dents longues Alex O'Loughlin, mais qui n'aura pas suffit à ressusciter la série.

Portée par la critique mais elle aussi échaudée par une chute d'audimat, Veronica Mars ne passa pas le cap de la saison 3, malgré l'envoi massif de barres chocolatées "Mars" aux bureaux de la chaîne CW.

Rien ne semble faire plier les dirigeants des networks, pas même l'indigestion !


Rien ? Pas sûr, puisqu'en avril dernier, les accrocs de la série Chuck ont fomentés une grosse opération de com' avec le sponsor du show, la chaîne de restauration rapide Subway. Pour chaque sandwich acheté, un mot serait envoyé à NBC. Certainement plus sensible à la crise de foie que sa concurrente CW, la chaîne s'est résignée : une saison 3 est annoncée pour mars 2010.

Et, lauréat dans la catégorie "la menace gronde", le cas Dollhouse. Ou plutôt "le cas Whedon" puisque le créateur de Buffy et d'Angel traîne dans son sillage une horde de fans à la fidélité sans faille. Alors que Dollhouse n'était encore qu'au stade embryonnaire, les whedoniens ont manifesté en masse leur soutien absolu à leur gourou sur Facebook, de peur que la Fox, trop frileuse, refuse de la diffuser. La chaîne de Ruppert Murdoch a finalement cédé et la série se paye même le luxe d'une deuxième saison (actuellement sur la Fox).
Du jamais vu pour une série, le bébé de Josh Whedon fut sauvé avant même le début de sa diffusion !

Petit à petit, le fan infiltre le pouvoir décisionnaire des grands médias US.
Moi qui porte encore le deuil pour Pushing Daisies ou Carnivale... soupirs...
Las, on déplore encore des trésors trop vite enterrés avec, en face, des résurrections dont on se serait bien passés.

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La Tête dans le Poste est de retour !!!

Mis au rencart pour cause d'examens, puis de taf estival, ce blog n'a pas dit son dernier mot ! Après plusieurs mois d'absence donc, La Tête dans le Poste signe son retour avec, dans sa besace, toujours la même envie de vous parler de ciné, des séries et de la télé en général. Avec, au programme : des vampires (il paraît que c'est la mode, que voulez-vous !), des séries médicales disséquées par mes soins (ça va saigner !), un panégyrique à la gloire de Wes Anderson ou encore un pavé (si, si) sur la contre-attaque des fans de séries VS les networks ricains. Et comme toujours, commentaires et suggestions sont les bienvenus !
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Un article vous a plu, ou pas, vous souhaitez apporter votre pierre à l'édifice, vous avez des suggestions, des sujets que vous voudriez que je traite ici ...?

Bref si ça vous démange, vous pouvez participer et contribuer ainsi à l'évolution de ce blog en laissant vos commentaires ou en me contactant par mail à cette adresse !


A bientôt !
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Mes articles

Une sélection d'articles écrits dans le cadre de mon stage chez Télé7Jours :


Clémentine Célarié (New !)
Claire Fournier
Jean-Pascal Lacoste
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Ça se discute : the Freak Show ?


Approchez, approchez mesdames et messieurs, n’ayez pas peur, venez frissonner devant les phénomènes de foire du 21ème siècle !!!

Ici, vous ne verrez pas de femme à barbe (quoique), ni de sœurs siamoises, et encore moins d’homme des bois maintenu en cage. Non ma bonne dame, pas de ça sur le service public ! Et oui, mon bon monsieur, la vérité est bien plus crue sur le plateau de Ça se discute.

Voilà 15 ans que l’animateur en disgrâce, Jean-Luc Delarue, endosse le costume de psy du paf, de thérapeute des masses, de gourou de bazar.

Chaque émission apporte son florilège de moutons à cinq pattes.

Depuis notre canapé, défilent devant nos yeux ébaubis les laissés-pour-compte, les rebus du genre humain, les stars déchues, les physiques hors-normes et autres anonymes en perruques ! Pour preuve, depuis les débuts du show, toute une flopée de bizarreries : infanticides, parricides, obsessionnels, fugueurs, ex-otages, ex-séquestrés, enfants-rois, anciens adeptes de sectes…

A peine ont-ils posés leur postérieur sur les fauteuils en contre-plaqué que déjà, le piège se referme ! Tel un loup parmi les agneaux, Jean-Luc Delarue dégaine le premier : sourire complice ultra-bright, il dissèque et extirpe de ses cobayes les détails les plus inavouables de leurs histoires. Il tire vite et fait mouche ! Il faut dire qu’il a eu le temps de peaufiner sa technique. La froideur presque robotique de ses débuts a laissé la place à une empathie sans commune mesure : désormais il parle de lui, de sa thérapie, de son mariage, bref il joue la carte du pathos. Jean-Luc Delarue est comme vous et moi, puisqu’on vous le dit !

Les dernières défenses sont tombées et les invités commencent à se répandre.

« Voilà comment j’ai :

- tué mon père. »

- trompé mon mari avec sa sœur. »

- fait pipi au lit jusqu’à l’âge de 30 ans. »

- ressenti de la sympathie pour mon ravisseur. »



Pendant ce temps là, le nez collé au poste de télé, on se délecte, on se bâfre jusqu’à la nausée de ce Grand Cirque de la névrose, ce Freak Show en libre accès.



PS : Ô rage, Ô désespoir, Audimat ennemi !

L’émission du 4 mars dernier, qui avait pour thème « kidnappés, séquestrés : ils racontent l’enfermement », n’a réuni qu’ 1,6 millions de curieux. Les téléspectateurs ont préféré les cas médicaux insolubles, ou presque, du turbulent Dr House sur TF1.

Le peuple a parlé !